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Abandonné par Disney/FR

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This page is a translation. You can find the original here.

Certains d'entre vous ont peut-être entendu dire que la firme Disney est responsable d'au moins une «vraie» ville fantôme.

Disney a construit l'attraction de «l'Ile au Trésor» à Baker's Bay dans les Bahamas. AU DÉBUT ce n'était pas une ville fantôme ! Des bateaux de croisière Disney s'y arrêtaient et y déposaient les touristes pour qu'ils se détendent en profitant de leur luxueux séjour.

C'est la RÉALITÉ. Vérifiez.

Disney a mis 30 000 000 de dollars dans cet endroit... Oui, trente millions de dollars.

Puis ils l'ont abandonné.

Disney a rejeté la faute sur les eaux peu profondes (trop peu profondes pour que leurs navires manoeuvrent en sécurité) et ils ont même accusé les «travailleurs fénéants» qui n'auraient pas pu suivre d'horaires réguliers puisqu'ils venaient des Bahamas.

C'est la que les faits s'arrêtent. Ce n'était pas la faute du sable, ni celle des «étrangers fénéants» manifestement. Ce sont des excuses faciles.

Non, je doute fortement que ces raisons soient viables. Pourquoi je ne gobe pas la version officielle ?

À cause du Palais de Mowgli.

Près de la ville côtière d'Emerald High en Caroline du Nord, Disney avait commencé la construction du «Palais de Mowgli» à la fin des années 1990. Le concept, c'était une attraction sur le thème de la jungle avec un grand PALAIS (comme vous l'aurez deviné) en plein milieu.

Si le personnage de Mowgli ne vous dit rien, vous feriez mieux de vous remémorer l'histoire du «Livre de la Jungle». Si vous ne l'avez pas lu, vous la connaissez à travers les dessins animés Disney sortis il y a bien des années.

Mowgli est un enfant abandonné, essentiellement élevé par des animaux et, parallèlement, menacé/pourchassé par d'autres animaux.

Le palais de Mowgli a été une entreprise controversée dès le début. Disney a acheté des tas de terrains au prix fort pour le projet, et il y a même eu un scandale concernant certaines des ventes. Le gouvernement local a exproprié des gens, puis a revendu les terrains à Disney. C’est ainsi qu’une maison nouvellement construite a été condamnée sans plus d’explication.

Les terres réquisitionnées par le gouvernement devaient prétendument servir à la construction d’une hypothétique autoroute. Sachant pertinemment de quoi il en retournait, les gens ont commencé à l’appeler «l’autoroute Mickey Mouse».

Puis il y a eu le concept art. Une bande d’encravatés de Disney Co. a tenu une réunion en ville. Ils voulaient faire gober à tous à quel point le projet allait être lucratif pour tout le monde. Quand ils ont montré le concept, ce gigantesque palais indien... Entouré par la JUNGLE... Peuplé d’hommes et de femmes en pagnes et habits tribaux... Inutile de vous dire que personne n’a été emballé par leurs conneries.

On parle ici d’un grand palais indien, d’une jungle, de pagnes, le tout non seulement situé dans un quartier relativement bourgeois, mais en plus dans une région quelque peu « xénophobe » du Sud des États-Unis. C’était un mélange douteux à cette époque.

Une personne de la foule a tenté de forcer le passage jusqu’à la scène, mais la sécurité l’a rapidement maitrisée, après qu’elle a plié une table sur ses genoux.

Disney aussi a pris ces gens et les a fait plus ou moins plier. Les maisons ont été rasées, les terrains déblayés, et personne ne pouvait moufter. Les journaux et la télévision locale étaient contre l’attraction au début, mais des relations incongrues entre les parts que Disney détenait dans les médias et les faiseurs d’opinions locaux entrèrent en jeu, et une fois les poches de leur veste pleines, ils l'ont retournée.

Donc, l'Ile au Trésor, aux Bahamas. Disney a englouti des millions et s'est ravisé. La même chose s'est produite pour le palais de Mowgli.

La construction était achevée. Des visiteurs séjournaient bel et bien au parc. Le voisinage était noyé sous les voitures et les désagréments qui accompagnent habituellement les flux de touristes perdus et sur les nerfs.

Puis tout s'est arrêté, comme ça.

Disney a tout fermé et personne ne savait quoi penser de tout ce bordel. Mais ça rendait tout le monde plutôt heureux. Pour un grand nombre de gens qui n'avaient jamais rien demandé, les pertes de Disney étaient une merveille qui faisait bien rire.

Honnêtement, cet endroit m'était sorti de l'esprit jusqu'à ce que j'apprenne sa fermeture il y a un peu plus de dix ans. Je vis à quatre heures d'Emerald Isle à peu près, donc je n'avais entendu que des racontards, je n'avais rien expérimenté directement.

Puis j'ai lu cet article de quelqu'un qui avait exploré l'attraction de l'Ile au Trésor, et avait posté un blog entier de tous les trucs dingues qu'il avait trouvé là-bas. Des trucs simplement... abandonnés. Des choses défoncées, taggées, probablement ruinées par les anciens employés mécontents d'avoir perdu leur boulot.

Merde, les locaux ont dû aussi y être pour quelque chose. Les gens de là-bas étaient aussi remontés contre le palais de Mowgli que les gens d'ici le sont pour l'Ile au Trésor.

En plus, il y avait des rumeurs comme quoi Disney avait relâché le "contenu" de ses aquariums dans les eaux du coin quand tout a fermé, contenu qui comprenait... des requins.

Qui n'aurait pas voulu beugner un peu de matériel après ça, hein ?

Bref, tout ce que je veux dire, c'est que ce blog m'a fait réfléchir. Même si plusieurs années s'étaient écoulées depuis la fermeture du site, je pensais que ça pouvait être marrant d'aller faire un peu d'«exploration urbaine» au palais de Mowgli. De prendre des photos, de relater mon expérience, et certainement de voir s'il y avait quelque chose que j'aurais pu ramener chez moi en souvenir.

Je ne vais pas dire que j'ai filé là-bas d'une traite, parce que franchement j'ai laissé passé un an entre la découverte de l'article sur l'Ile au Trésor et mon voyage.

Au cours de cette année, j'ai fait pas mal de recherches sur le palais de Mowgli... Du moins j'ai essayé.

Bien sûr, aucun site, aucune source d'informations de Disney ne mentionnait l'endroit. Nettoyage complet.

Encore plus étrange que personne avant moi n'ait pensé à faire un blog à propos de l'endroit ou juste à poster des photos. Pas même un mot des journaux ou de la télé locaux, cependant ce n'était pas surprenant, vu qu'ils étaient tous à la botte de Disney. Ils n'auraient pas lavé leurs linge sale en public, vous savez ?

Récemment, j'ai appris que des entreprises peuvent demander à Google de, par exemple, retirer des liens des résultats de recherche... pratiquement sans raison. En y repensant, ce n'était pas que personne n'en avait parlé, c'était qu'on ne pouvait pas voir ce qu'ils avaient à dire.

Finalement, j'ai failli ne pas trouver l'endroit. Tout ce que j'avais pour le trouver, c'était une carte vieille comme Mathusalem qui m'avait été envoyée par courrier dans les années 1990. C'était un objet promotionnel destiné à tous ceux qui avaient récemment visité Disney World, et puisque dans mon cas c'était à la fin des années 80, on pouvait considérer ça comme «récent».

Je ne l'avais pas vraiment attendu. Ça s'est juste retrouvé dans les livres et bandes dessinées de mon enfance. J'ai mis des mois à m'en rappeler durant mes recherches, et ça m'a pris quelques semaines de plus pour retrouver la benne dans laquelle mes parents avaient fourré tout ça.

Mais je l'ai trouvée. Les locaux n'ont pas été d'une grande aide, la plupart étaient des nouveaux arrivants ayant récemment déménagé à la plage... ou des habitants de longue date qui ricanaient et me faisaient des gestes grossiers à la seconde où je prononçais «où est-ce que je pourrais trouver le palais de...»

Le trajet m'a conduit sur une route disproportionnée envahie par la végétation. Des plantes tropicales proliféraient dans la zone, mélangées à des espèces bien ENDÉMIQUES qui essayaient de reconquérir leur sol.

Je suis tombé en admiration lorsque j'ai atteint le portail principal du parc. De gigantesques portes en bois, moolithiques, dont les supports de chaque côté paraissaient avoir été taillées dans des séquoïas. Les portes elles-mêmes avaient été becquetées par des piverts, et creusées par des insectes à la base qui les rongeaient.

Il y avait un panneau en métal pendu aux portes, juste de la ferraille, et quelqu'un y avait gribouillé en lettres noires: «ABANDONNÉ PAR DISNEY». Clairement l'oeuvre d'un autochtone ou d'un employé qui voulait protester un peu.

Les portes étaient juste assez entr'ouvertes pour s'y glisser, mais pas y passer en voiture, donc après avoir pris ma carte et ma caméra digitale dont le côté rabattable affichait un aperçu du parc d'attractions, je me suis mis à pied.

L'intérieur du palais était aussi envahi par la végétation que l'entrée. Des palmiers non entretenus à moitié en pièces au milieu de leurs propres noix de coco. Des bananiers, des ordures grouillant d'insectes qui se dressaient dans leur propre puanteur. Il y avait cette sorte de contraste entre ordre et chaos, avec ces fleurs vivaces soigneusement plantées en rangs qui se mélangeaient aux hautes herbes nauséabondes et à des champignons noircis et puants.

Tout ce qu'il restait de la structure extérieure, c'était des brisures de bois pourrissantes et des morceaux carbonisés de matière indéfinissable. Ce qui était probablement un point d'information ou un bar extérieur, n'était maintenant qu'un tas de débris de toutes sortes mis en pièces par le vandalisme d'autrefois et ravagés par les caprices de la météo.

La chose la plus intéressante dans l'espace intérieur, c'était une statue de Baloo, l'ours gentil du Livre de la Jungle, qui était dans une sorte de cour en face du bâtiment principal. Pétrifié dans son élan jovial vers le néant, des yeux vitreux qui regardaient dans le vide, il souriait béatement de toutes ses dents avec ses bandes entières de fourrure couvertes par de la merde d'oiseau et son piédestal enserré par des plantes grimpantes.

J'approchais du bâtiment principal - le PALAIS - dont la façade avait été recouverte de graffitis malgré la peinture principale qui ne s'était toujours pas écaillée ni craquelée. Les portes principales n'étaient pas seulement ouvertes, elles avaient été sorties de leurs gonds et volées. Au-dessus des portes, ou du trou béant où elles étaient autrefois plutôt, quelqu'un avait peint une nouvelle fois: «ABANDONNÉ PAR DISNEY».

J'aimerais pouvoir vous raconter tous les trucs géniaux j'ai vus à l'intérieur du palais. Des statues oubliées, des machines enregistreuses, une société secrète de clodos vivant en autarcie... Mais non, rien de tout ça.

L'intérieur était si morne, si simple, que je crois que les gens ont pris jusqu'à le moulage des murs. Tout ce qui était trop gros pour être volé... Comptoirs, bureaux, arbres artificiels géants... Tout ça gisait dans cette chambre vide dont l'écho amplifiait le bruit de chacun mes pas comme les salves d'une mitrailleuse.

J'ai vérifié le plan des étages, puis je me suis dirigé vers chacune des directions qui me paraissaient intéressantes, d'une manière ou d'une autre.

La cuisine n'avait rien d'exceptionnel. Une énorme cuisine industrielle avec tout l'espace et l'équipement nécessaires, on avait dépensé sans compter. Toutes les vitres étaient brisées, toutes les portes sorties de leurs gonds, toutes les surfaces métalliques étaient cabossées et portaient les traces de coups de pieds. Toute la pièce sentait la pisse marinée.

L'énorme congélateur, même pas vaguement frais depuis le temps, étalait ses vastes rayons vides. Des crochets tombaient du plafond, probablement pour accrocher des pièces de viande, et comme je suis resté là un moment, j'ai remarqué qu'ils se balançaient.

Tous les crochets se balançaient dans une direction, mais leurs mouvements étaient si lents et légers que c'était presque imperceptible. Je m'imaginais que mes pas les avaient causés, j'ai donc empoigné fermement un des crochets avant de le relâcher délicatement, mais quelques secondes plus tard, il recommençait à se balancer.

Les toilettes n'étaient pas en meilleur état que le reste. Comme pour le parc de l'Ile au Trésor, des gens avaient méthodiquement brisé chaque bassin de porcelaine avec des noix de coco ou d'autres outils. Il y avait environ deux centimètres d'eau stagnante à l'odeur rance, puante, donc je ne suis pas resté très longtemps.

Le plus bizarre, c'est que les toilettes et les lavabos (ou les bidets dans les toilettes des dames, eh oui j'y suis allé) gouttaient, fuyaient ou jaillissaient carrément. Il me semble qu'ils auraient dû couper l'eau il y a bien longtemps. BIEN LONGTEMPS.

Le parc d'attractions proposait plein de chambres, mais je n'avais évidemment pas le temps de toutes les visiter. Les rares que j'ai inspectées avaient été mises sens dessus-dessous, je ne m'attendais pas à y trouver quoi que ce soit. Je pensais néanmoins qu'il y avait une radio ou un téléviseur dans une des chambres, car je croyais réellement avoir entendu le bruit d'une conversation...

Mais c'était comme un murmure, probablement l'écho de ma propre respiration dans le silence, ou juste une autre illusion mentale de l'eau qui coulait, c'est l'impression que ça donnait...

1: «Je n'y ai pas cru.»

2: (réponse courte et inaudible)

1: «Je savais pas tout ça, je savais pas.»

2: «Ton père te l'a dit.»

1: (réponse obscure, ou peut-être juste des pleurs)

Oui, je sais, je sais, ça a l'air ridicule. Je vous raconte juste ce que j'ai vécu, pourquoi j'ai pensé qu'il y avait peut-être quelque chose de vivant dans cette pièce - ou pire, des vagabonds qui s'y terraient et qui auraient pu me poignarder.

De retour au portail principal, je me suis dit que je n’avais rien trouvé de probant et que ce voyage n’était qu’une perte de temps.

En regardant par-delà la porte, j’ai remarqué dans la cour quelque chose que j’avais apparemment manqué. Quelque chose qui me ferais au moins UN truc à montrer de tout mon périple, ne serait-ce qu’une photographie...

Comme une statue trop réaliste, un python enroulé sur lui-même d’environ trois mètres, qui semblait prendre le soleil sur un piédestal au milieu de la cour, un peu à droite. Le soleil était sur le point de se lever, ses rayons allaient bientôt toucher l’objet ce qui ferait une photo PARFAITE pour un photographe.

Je me suis approché du python et j’ai pris une photo. Debout sur les doigts de pieds, j’en ai repris une autre. Je me suis encore rapproché pour voir les détails de son museau.

Nonchalemment, le python a doucement levé la tête et m’a regardé droit dans les yeux, il s’est retourné puis est descendu du piédestal en serpentant, dans les herbes, puis dans l’arbre.

Ses trois mètres l’ont accompagné. Sa tête était depuis longtemps disparu dans les bosquets quand sa queue commençait à peine à s’éloigner des rayons du soleil.

Disney avait relâché tous ses animaux exotiques dans l’environnement. Sur ma carte, c’était bien marqué « enclos des reptiles ». J’aurais dû m’en douter. J’avais lu l’histoire des requins à l’Ile au Trésor, j’aurais dû me douter qu’ils avaient fait ça.

J’étais stupéfait, complètement sidéré. J’ai dû rester bouche-bée pendant une éternité avant de revenir sur Terre et de se refermer brusquement. J’ai cligné rapidement des yeux, et j’ai rebroussé chemin à partir du piédestal, de retour au palais.

Même s’il était complètement disparu, je ne voulais pas tenter le Diable et je suis reparti dans le bâtiment.

J’ai dû respirer à fond et me donner quelques claques plusieurs fois de suite pour me remettre les idées en place après ça.

Comme j’avais un peu les jambes en compote après ça, j’ai cherché un endroit où m’assoir. Bien sûr, IL N’Y EN AVAIT PAS, à moins de vouloir s’étendre sur un tapis d’éclats de verre et de feuilles mortes ou de m’allonger sur un bureau à la solidité désormais contestable.

J’avais vu des escaliers dans le hall du palais, j’ai donc décidé de m’y reposer un moment jusqu’à ce que je reprenne des forces.

La cage d’escalier était assez éloignée du bâtiment principal pour être restée propre, hormis une couche de poussière assez impressionnante. J’ai pris un écriteau métallique sur le mur, sur lequel était aussi peinte l’inscription « ABANDONNÉ PAR DISNEY », une phrase à laquelle j’étais maintenant habitué. J’ai posé le panneau sur les escaliers et me suis assis dessus pour garder un semblant de propreté.

Les escaliers descendaient, ils menaient au sous-sol. Utilisant le flash de ma caméra comme lampe de poche improvisée, j’ai pu voir que les escaliers aboutissaient sur une porte grillagée et cadenassée. Un écriteau sur la porte... Un VRAI écriteau... qui disait « RÉSERVÉ AUX MASCOTTES ! MERCI !»

Ça a attisé ma curiosité, pour deux raisons. Un, une zone réservée aux mascottes devait certainement contenir des trucs intéressants à l’époque. Deux, le cadenas était encore en place. Personne n’était encore rentré ici. Ni les vandales, ni les pillards, personne.

C’était le seul endroit que je pouvais vraiment « explorer » et où je trouverais peut-être quelque chose d’intéressant à photographier ou à râfler. Lorsque je suis venu dans le palais, j’avais dans l’idée que je pouvais y prendre tout ce que je voulais parce qu’il était, eh bien, « abandonné ».

Péter le cadenas ne m’a pas demandé un gros effort. Non, en fait, je m’exprime mal : péter la plaque de métal sur le mur à laquelle le cadenas était relié ne m’a pas demandé un gros effort. Le temps et le délabrement avaient fait le gros du travail pour moi, et je suis arrivé à plier assez la plaque pour en retirer les vis – un truc qu’apparemment personne d’autre n’avait pensé à faire, ou réussi à faire par le passé.

La zone réservée aux mascottes représentait un changement surprenant et vraiment bienvenu par rapport au reste du bâtiment que j’avais vu. En effet, à chaque seconde, la lumière fluorescente au-dessus de moi était allumée, même si elle diminuait et vacillait de temps à autres. De plus, rien n’avait été volé ou cassé, même si les effets du temps se faisaient bel et bien sentir.

Il y avait des stylos et des blocs-notes les tables, des horloges... même un horodateur de pointages en bonne et dûe forme avec des feuilles entièrement remplies. Des chaises étaient éparpillées et il y avait même une petite salle de repos avec une vieille télé affichant des parasites à l’écran, de la nourriture et des boissons pourries depuis des lustres sur le comptoir.

C’était comme dans un de ces films post-apocalyptiques où tout est laissé tel quel après l’évacuation.

À mesure que je parcourais le dédale de couloirs de la zone réservée aux mascottes du sous-sol, la visite devenait de plus en plus intéressante. Plus loin, les tables et les bureaux étaient retournés, avec des papiers éparpillés partout qui ne faisaient quasiment plus qu’un avec le sol gonflé d’humidité, et une longue bande de moisi allait bientôt recouvrir le revêtement pourpre, lui aussi en train de pourrir.

Tout avait une sorte d’aspect spongieux. Tout ce qui était constitué de bois se transformait en bouillie au moindre contact, et les vêtements accrochés aux cintres d’une des chambres tombaient en fils de moisissure quand j’essayais de les décrocher.

Une chose qui m’ennuyait, c’était la lumière, qui devenait de moins en moins stable et fiable au fil de ma progression dans les profondeurs humides et étouffantes du lieu.

Enfin, je suis arrivé devant une porte entouré d’une bande jaune et noire portant l’inscription : « PREP PERSONNAGE 1 »

La porte refusait de s’ouvrir au début. Je pensais que c’était probablement là que se trouvaient les costumes, et je voulais absolument une photo de cette pagaille puante et barrée. Peu importe les stratagèmes que j’employais, peu importe l’angle par lequel je m’y prenais, la porte ne voulais pas bouger.

Du moins, jusqu’à ce que j’abandonne et que je revienne sur mes pas. À cet instant, un « pop » s’est fait entendre et la porte s’est ouverte lentement dans un grincement.

À l’intérieur, la pièce était complètement noire, sombre comme la nuit. Je me suis servi du flash de ma caméra pour trouver un éventuel interrupteur sur les murs, mais il n’y en avait pas.

Durant mes recherches, j’ai été tiré de mon excitation par un fort grésillement électrique. Des rangées de néons se sont soudain illuminées, aux lumières vacillantes, dont l’intensité variait, faible puis intense, comme celles que j’avais passées.

Mes yeux ont mis quelques secondes à s’habituer, la lumière semblait devenir de plus en plus forte jusqu’à ce que les ampoules explosent... mais alors que je pensais que ça allait arriver, la lumière s’est tamisée et est restée ainsi.

La pièce était exactement comme je me l’étais imaginée. Plusieurs costumes Disney accrochés au mur, mis les uns sur les autres comme autant de cadavres de cartoons pendus à des cordes invisibles.

Il y avait un présentoir entier de pagnes de d’habits « aborigènes » vers le fond.

Celui que j’ai trouvé étrange (et que j’ai immédiatement voulu photographier), c’était le costume de Mickey Mouse au centre de la pièce. Contrairement aux autres, il était posé sur le dos en plein milieu du sol, comme une victime d’un quelconque meutre. La fourrure du costume était pourrie et tombait en lambeaux, le perçant de trous.

Ce qui était encore plus bizarre, c’était la couleur du costume. C’était comme un négatif du vrai costume. Noir où il aurait dû être blanc et blanc où il aurait dû être noir. Sa culotte normalement rouge était bleu clair.

C’était une vision assez repoussante pour que je décide moi aussi de repousser la photo de cette chose, jusqu’à la fin.

J’ai pris des photos des costumes accrochés au mur. En plongée, contre-plongée, de profil, le tout pour montrer une rangée entière de tronches de cartoons putrides et statiques, à qui il manquait parfois leurs yeux en plastique.

Puis j’ai décidé d’une petite mise en scène. Juste une tête de ces personnages dépenaillés sur le sol humide et sale.

Je me suis approché de la tête d’un costume de Daffy Duck, et l’ai retirée avec précaution pour ne pas qu’elle me tombe en morceaux dans les mains.

Tandis que je regardais cette tête moisie aux grands yeux, un fort bruit métallique me fit sursauter d’effroi.

J’ai jeté un regard à mes pieds, il y avait un crâne humain entre mes chaussures. Il était tombé de la tête du costume et s’était brisé en éclats à mes pieds ; il n’en restait qu’un visage vide et une mâchoire inférieure qui me contemplaient.

Comme vous pouvez vous en douter, j’ai immédiatement lâché la tête de Daffy et me suis dirigé vers la porte. Arrivé à l’embrasure de porte, je me suis retourné et j’ai à nouveau regardé le crâne.

Je DEVAIS en prendre une photo, vous savez ? Je le DEVAIS, pour un certain nombre de raisons qui peuvent paraître idiotes, mais pas tant que ça si vous y réfléchissez bien.

J’avais besoin de preuves de ce qui s’était passé, tout particulièrement si Disney avait l’intention de se débarasser de ça. Depuis le début, il n’y avait aucun doute dans mon esprit que même si ce n’était qu’une grossière négligence, Disney en était RESPONSABLE.

C’est là que Mickey, le Mickey couleur négatif au centre de la pièce, à commencer à se lever.

Reverse mickey

D’abord sur les genoux, puis sur ses pieds, le costume de Mickey... ou peu importe qui était à l’intérieur, était maintenant debout au milieu de la pièce, et me fixait directement de ses faux yeux alors que je murmurais « non », encore, encore et encore...

Les mains tremblotantes, le coeur qui battait la chamade, et les jambes de nouveau en compote, je suis parvenu à soulever la caméra et je l’ai braquée sur la créature qui désormais me toisait silencieusement.

L’écran de la caméra n’affichait que des pixels morts à la place de cette chose. C’était une impeccable silhouette de costume de Mickey. Quand la caméra tenue par mes mains peu assurées bougeait, les pixels se répandaient, polluant l’écran partout où la silhouette de Mickey se déplaçait.

Puis la caméra est morte. Elle s’est éteinte, plus rien... Cassée.

J’ai une nouvelle fois levé les yeux sur le costume de Mickey Mouse.

« Hey », dit-il avec une voix de Mickey étouffée, vicieuse, mais parfaitement imitée, « tu veux me voir enlever ma tête ?»

Il s’est mis à retirer sa propre tête, l’agrippant avec ses doigts gantés et maladroits qu’il exerçait autour de son cou en faisant des mouvements brusques et impatients, un peu comme un homme blessé essayant de s’extraire des mâchoires d’un prédateur.

Il mouvait ses doigts autour de son cou... Tellement de sang...

Du sang épais, gros, et jaune...

J’ai tourné la tête quand j’ai entendu un bruit ignoble de chair et de vêtements en train de se déchirer. Je ne voulais qu’une chose : partir. Au-dessus de l’embrasure de porte hors de cette pièce, j’ai vu le dernier message griffé dans le métal, à l’ongle ou à l’os...

« ABANDONNÉ DE DIEU »

Je n’ai jamais pris les images de la caméra. Je n’ai jamais écrit d’article sur mon blog sur ça. Après m’être enfui de ce lieu pour préserver ma santé mentale, si ce n’est ma vie, j’ai su pourquoi Disney ne voulait pas que quiconque découvre cet endroit.

Ils ne voulaient pas que des gens comme moi entrent.

Ils ne voulaient pas que des gens comme moi sortent.

Avec l'aimable autorisation de l'auteur, Slimebeast [1].

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